Inauguration de l’IRL ChiMP4IC en Côte d’Ivoire : un nouveau hub pour la protection des chimpanzés et des singes

Institutionnel

Du 31 août au 3 septembre 2025, une délégation du CNRS conduite par le PDG et le Directeur de CNRS Biologie s’est rendue en Côte d’Ivoire pour l’inauguration officielle de l’International research laboratory chimpanzee and monkey protection for intact cultures (IRL ChiMP4IC), un laboratoire international de recherche dédié à la conservation des primates et au renforcement des capacités scientifiques locales. Cette mission a été l’occasion de nouer des partenariats stratégiques avec les universités, centres de recherche et autorités ivoiriennes, ainsi qu’avec les acteurs européens et suisses engagés dans la biodiversité et la recherche internationale.

Un IRL au carrefour de la compréhension des origines de l’homme, de la conservation de la biodiversité et de la formation scientifique

L’IRL ChiMP4IC (2025-2029) se positionne comme un hub transdisciplinaire, combinant anthropologie, biologie, écologie et sciences environnementales. Sa création répond à plusieurs enjeux.

Son ambition scientifique est de percer les mécanismes qui sous-tendent la « culture » des chimpanzés, entendue comme l’ensemble des savoir-faire, savoir-être et comportements transmis de génération en génération. Ces grands singes utilisent des outils sophistiqués (marteaux de pierre ou de bois, brindilles, plantes à usage thérapeutique) et disposent d’un langage gestuel et vocal riche. Leur culture évolue au gré des changements environnementaux (réchauffement climatique, braconnage, déforestation) révélant une capacité d’adaptation et de transmission longtemps considérée comme propre à l’humain.

Cette proximité culturelle s’ajoute à une parenté génétique très forte avec l’humain, faisant du chimpanzé notre plus proche parent sur l’arbre de l’évolution. Les scientifiques de l’IRL, sous la direction du professeur Inza Koné, explorent les bases neurobiologiques et sociales de cette faculté : leurs travaux suggèrent que des connexions cérébrales spécifiques, présentes chez l’humain mais absentes chez des primates plus éloignés (comme les cercopithèques ou les macaques), joueraient un rôle central dans ces apprentissages sociaux.

Implanté au cœur du parc national de Taï, au sud-ouest de la Côte d’Ivoire, l’IRL ouvre ainsi un chemin précieux pour comprendre comment, il y a plusieurs millions d’années, certains primates ont évolué vers les hominidés et l’Homme moderne. Cette recherche éclaire les origines de l’humanité, tout en contribuant à la préservation des chimpanzés et de la biodiversité ivoirienne.

Au-delà de ses apports scientifiques, le laboratoire se veut aussi une plateforme de formation et de coopération internationale. Lors de son inauguration, plusieurs universités et centres de recherche ivoiriens ont exprimé leur volonté de s’y associer, insistant sur les besoins en mobilité scientifique, formation pratique et équipements. L’IRL prévoit d’accueillir des doctorants et des étudiants en master, et de servir de point d’ancrage pour des projets régionaux et internationaux, avec des retombées attendues pour toute l’Afrique de l’Ouest.

Des partenariats institutionnels renforcés

La délégation CNRS a rencontré des représentants de l’Ambassade de France, de l’Ambassade de Suisse, de la Délégation de l’Union européenne, ainsi que le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique ivoirien (MESRS). Ces échanges ont permis de préciser les axes de coopération possibles, allant de la conservation de la biodiversité à la lutte contre la déforestation et la protection des écosystèmes forestiers, en passant par le soutien à l’innovation et aux compétences scientifiques et techniques nécessaires pour le développement durable et la recherche de pointe en Côte d’Ivoire.

Le CNRS et le MESRS ivoirien envisagent l’élaboration d’un accord-cadre, qui structurera les collaborations et facilitera la mobilité des chercheurs et étudiants. Plusieurs initiatives concrètes ont été discutées, comme l’accueil de délégations ivoiriennes en France pour découvrir le modèle de valorisation et d’innovation scientifique français.

Une mission scientifique et diplomatique

Au-delà de l’inauguration, la mission a permis de renforcer les liens scientifiques et diplomatiques entre la France, la Suisse et la Côte d’Ivoire. Les rencontres avec l’Université Félix Houphouët-Boigny, l’Université Nanguy Abrogoua, l’IRD, le Cirad et le Centre Suisse de Recherches Scientifiques ont mis en lumière l’importance d’un écosystème de recherche intégré et international. L’IRL ChiMP4IC apparaîtra ainsi comme un centre d’excellence pour la conservation et la recherche en biologie des primates, capable de fédérer partenaires académiques, institutionnels et associatifs.

Perspectives pour l’avenir

L’IRL ChiMP4IC est appelé à devenir un vrai moteur pour la recherche et la formation en Afrique de l’Ouest, avec un impact significatif sur la conservation des espèces et le développement des compétences scientifiques. Le laboratoire ambitionne également de servir de modèle pour d’autres initiatives régionales et de renforcer le rayonnement de la coopération scientifique franco-ivoirienne.