Maxime Maheu
Les travaux de Maxime Maheu portent sur les bases cérébrales de processus cognitifs tels que la perception, l'apprentissage ou la prise de décision, abordés par une démarche interdisciplinaire comparant humain et animal. Après une thèse à NeuroSpin (France) sous la direction de Florent Meyniel et Stanislas Dehaene en 2019, il reçoit le prix jeune chercheur de la Fondation Bettencourt. Il rejoint par la suite les équipes de Tobias Donner et Simon Wiegert comme chercheur post-doctoral au CHU d'Hambourg (Allemagne) grâce à une bourse de la fondation Humboldt. Il effectue ensuite un second séjour post-doctoral dans les équipes de Benjamin Scott à Boston University (USA) avant de rejoindre le laboratoire de Valentin Wyart à l'École Normale Supérieure (France) dans le cadre d'une bourse Marie Skłodowska-Curie globale. Sélectionné à l'issue de l'appel à de nouvelles équipes de NeuroPSI en 2025 et lauréat d'une bourse ERC Starting, il y crée l'équipe « Principes neurocomputationnels de la cognition humaine et animale ».
Mécanismes neurocomputationnels de la pondération de l’information à travers les espèces - NEURO-W8
Il est largement établi que différentes espèces peuvent accomplir une même fonction biologique par des mécanismes communs ou au contraire spécifiques à chacune. La plupart des vertébrés terrestres respirent ainsi au moyen de poumons hérités d'un ancêtre commun, alors que le vol a été acquis indépendamment par les insectes, les oiseaux et les chauves-souris, au moyen de structures anatomiques distinctes. Pour ce qui est de la cognition cependant, on ignore encore dans quelle mesure les mécanismes cérébraux sous-jacents sont partagés entre les espèces, et s’appliquent à l’humain en particulier. Les études comparant directement les espèces restent en effet rares, et les méthodes d'enregistrement employées chez l'animal opèrent souvent à des échelles neurales différentes de celles employées chez l'humain, compliquant le rapprochement. Le problème est d'autant plus marqué que les outils optiques et génétiques disponibles aujourd'hui chez le rongeur donnent accès aux circuits neuronaux avec une précision inédite, sans que l’on puisse encore déterminer lesquels des mécanismes ainsi décrits valent au-delà de l'espèce étudiée. Ce projet propose un nouveau cadre expérimental destiné à établir la portée inter-espèces de mécanismes neurocognitifs, et l'applique aux processus engagés dans la prise de décision. La psychologie expérimentale suscitera des comportements comparables chez la souris et chez l'humain, en parallèle desquels des signaux cérébraux d'origine physiologique équivalente seront enregistrés. Un même modèle computationnel fournira le langage commun nécessaire pour distinguer convergences et divergences entre espèces. Chez la souris, l'imagerie multi-échelles et les manipulations sélectives permettront ensuite de disséquer les circuits sous-tendant les processus établis comme partagés. La démonstration préalable de ce partage rend d'autant plus probable l'extension de ces conclusions mécanistiques à l'humain.