Maxence Vincent
Les recherches de Maxence Vincent portent sur les mécanismes qui permettent aux bactéries de s’adapter aux perturbations chimiques de leur environnement. Après une thèse en microbiologie, il rejoint en 2019 l’équipe du Pr Stephan Uphoff à l’Université d’Oxford, au Royaume-Uni. À l’interface de la physique et de la biologie, il y acquiert une expertise en microscopie à l’échelle de la molécule unique et en microfluidique, qu’il mobilise pour explorer les sources non génétiques de variabilité au sein des populations bactériennes. En 2022, il revient en France grâce à une bourse Marie Skłodowska-Curie et rejoint l’équipe de Benjamin Ezraty au Laboratoire de chimie bactérienne du CNRS, à Marseille. Il y transpose les technologies développées à Oxford afin d’étudier la réponse d’Escherichia coli aux stress oxydants. Recruté comme chargé de recherche au CNRS en 2023, il obtient une ANR JCJC en 2024 et développe une approche combinant microfluidique et imagerie pour étudier les mécanismes qui assurent le maintien de l’homéostasie protéique chez E. coli.
Microfluidic Investigation of Myeloid-derived Oxidants in Salmonella Adaptation - MIMOSA
Lors d’une infection, les neutrophiles déploient une puissante réponse oxydante qui expose les microorganismes à un ensemble de molécules très réactives. Les oxydants considérés comme responsables de leur élimination ont toutefois une durée de vie extrêmement courte et ne parcourent que quelques nanomètres avant de disparaître. Ces propriétés leur permettent d’endommager efficacement les microorganismes tout en limitant les atteintes aux tissus environnants. Elles rendent cependant leur étude particulièrement difficile : dans les dispositifs expérimentaux classiques, ces molécules disparaissent rapidement ou sont neutralisées par les milieux de culture. Les mécanismes par lesquels elles endommagent les bactéries restent donc encore mal compris.
MIMOSA s’appuie sur une plateforme microfluidique associant photochimie, chimie redox et imagerie de bactéries vivantes. Elle permet de produire en continu des oxydants instables, d’en contrôler les flux et d’observer leurs effets à l’échelle de la cellule unique. Le projet étendra cette approche aux principaux oxydants générés par les neutrophiles. En combinant microfluidique, génétique et évolution expérimentale, MIMOSA déterminera comment Salmonella Typhimurium, une bactérie pathogène responsable d’infections d’origine alimentaire, se défend contre les attaques oxydantes du système immunitaire.