Céline Amiez
Une région du cerveau présente chez l'humain, mais absente chez les grands singes. C'est ce qu'ont mis en évidence Céline Amiez et ses collaborateurs, en comparant les sillons corticaux de différents primates à partir d'IRM. Ces plis du cortex cérébral, qu'elle déchiffre depuis le début de sa carrière, lui permettent de relier structure cérébrale et fonction à l'échelle individuelle, et de suivre l’évolution. De ces comparaisons a émergé une singularité : l’operculum préfrontal. Cette aire, négligée jusqu'alors, pourrait jouer un rôle dans l'émergence du langage, notamment dans la « parole intérieure » qui accompagne notre pensée. La découverte ouvre des pistes interdisciplinaires : la collaboration avec des paléoanthropologues permettra de dater son apparition dans l'évolution humaine, grâce aux empreintes laissées par les sillons corticaux dans les crânes fossiles des humains disparus. Elle explore aussi son développement. Dernière région à se former in utero, l’operculum préfrontal pourrait, lorsque son développement est perturbé, expliquer certains troubles du langage – et ouvrir la voie à des cibles thérapeutiques.