Des chasseurs-cueilleurs aux agriculteurs : l’héritage de la domestication

08 octobre 2026

Roscoff (Bretagne), France, 13-17 septembre, 2027

Date limite d’inscription : 3 mai 2027

Présidente : Maud Tenaillon
Génétique Quantitative et Evolution – Le Moulon, IDEEV, Université Paris-Saclay, France
Phone: +44 (0)24 765 75059
Email: maud.tenaillon@cnrs.fr

Vice-présidente : Robin Allaby
School of Life Sciences, University of Warwick, UK
Phone: + 44(0)1316507706
Email: R.G.Allaby@warwick.ac.uk 

La domestication des plantes, des animaux et des micro-organismes représente l’une des – si ce n’est la – grandes transitions de l’histoire humaine récente. Ce processus a profondément transformé nos sociétés, nos modes de vie et notre relation à la nature. En remplaçant une grande partie des écosystèmes naturels par des agroécosystèmes, il a entraîné des changements écologiques d’une ampleur considérable, dont nous mesurons aujourd’hui les conséquences, depuis l’expansion de l’agriculture jusqu’à ses impacts majeurs sur le climat et la biodiversité.

Étudier la domestication, c’est explorer une remarquable diversité d’espèces et de processus. L’archéologie, l’anthropologie, la biologie évolutive, la génétique et l’écologie contribuent toutes à la compréhension de cette transition majeure. Comment la domestication s’est-elle opérée ? Pourquoi relativement peu d’espèces ont-elles suivi cette trajectoire ? Quels grands principes communs émergent de l’étude de leur évolution ? Que nous apprend la domestication sur l’histoire des sociétés humaines et leurs modes de subsistance ? Comment les interactions persistantes avec les populations sauvages ont-elles influencé l’évolution des formes domestiques ? Comment la domestication a-t-elle transformé les interactions entre les organismes et les microorganismes qui leur sont associés ?

Face à l’intensification des défis environnementaux et climatiques, la domestication revêt aujourd’hui une importance particulière. L’émergence de l’agroécologie, à l’interface entre écologie et agronomie, le développement rapide de nouvelles technologies de sélection fondées sur l’édition du génome, ainsi que l’intérêt croissant pour la domestication de novo ou la re-domestication ouvrent de nouvelles perspectives et soulèvent de nouvelles questions scientifiques, sociétales et éthiques pour l’avenir de l’agriculture.

Cette conférence offrira un cadre idéal pour croiser les perspectives et favoriser les échanges interdisciplinaires, en réunissant des chercheur.e.s travaillant sur les plantes, les animaux, les microorganismes et les sociétés humaines qui ont façonné leur évolution.

Elle s’articulera autour de six thématiques complémentaires :

  • Domestication et évolution des sociétés humaines
  • Principes communs de l’évolution phénotypique
  • Histoires démographiques et sélectives
  • Dialogue entre formes sauvages et domestiques
  • Evolution des interactions biotiques au cours de la domestication
  • Agriculture et changements globaux

Conférenciers invités (titres provisoires)

Jonas AGUIRRE-LIGUORI (Universidad Autónoma de Yucatán, Mérida, Mexique) 
Prédire les réponses éco-évolutives des cultures aux changements globaux

Robin ALLABY (University of Warwick, Royaume-Uni) 
Jusqu’où remonte dans le temps la trajectoire de la domestication ? 

Elena BITOCCHI (Polytechnic University of Marche, Italie) 
L’histoire évolutive complexe du haricot commun

Amy BOGAARD (University of Oxford, Oxford, Royaume-Uni) 
Questions émergentes sur la domestication en Europe

Daniel BRADLEY (Trinity College Dublin, Irlande) 
Que ferait Prince ? Les génomes anciens de ruminants révèlent la nature de la domestication animale

Allowen EVIN (CNRS/Institut des Sciences de l'Evolution-Montpellier, France) 
Trajectoires à long terme de l’évolution phénotypique sous contrôle humain

Hélène FREVILLE (INRAE, Montpellier, France) 
Mobiliser les interactions entre plantes pour la transition agroécologique : une approche génétique

Dorian FULLER (University College London, Royaume-Uni) 
Comparer les épisodes de domestication : taux et ampleur de l’évolution selon les types de cultures, les modes de sélection et les régions culturelles

Miriam GIFFORD (University of Warwick, Royaume-Uni) 
Une symbiose fixatrice d’azote opportune ? Coévolution des plantes et des rhizobiums

Tatiana GIRAUD (CNRS, University Paris Saclay, Paris, France) 
La domestication des moisissures pour la fabrication du fromage et des viandes séchées

Sylvain GLEMIN (CNRS, ECOBIO Rennes, France) 
Évolution de la recombinaison au cours de la domestication

Greger LARSON (University of Oxford, Oxford, Royaume-Uni) 
De quoi parle-t-on quand on parle de domestication ? 

Valérie LE CORRE (INRAE Agroecology, Dijon, France) 
Le flux de gènes des plantes cultivées vers les adventices apparentées comme source de nouvelles adaptations : le cas des téosintes européennes 

Christophe LEMAIRE (Sorbonne Université, Paris, France) 
Génomique de la « pestification » 

Kathryn LORD (University of Massachusetts Chan Medical School, Worcester MA, US) 
La domestication sans contrôle, sans utilité, sans intention ni mutualisme

Ruben MILLA (Universidad Rey Juan Carlos, Madrid, Espagne) 
Étudier les phénotypes domestiques par l’évolution expérimentale et la sélection artificielle

Fabio de OLIVEIRA FREITAS (Embrapa Recursos Genéticos e Biotecnologia, Brasília, Brésil) 
Ethnobiologie et ethnoarchéologie du maïs et du manioc : domestication, diversité, dispersion et savoirs autochtones en Amérique du Sud

Morgane OLLIVIER (UMR 6566 CReAAH, University of Rennes, France) 
Les origines du chien: de la domestication aux adaptations façonnées par les changements culturels

Ludovic ORLANDO (Centre of Anthropobiology and Genomics of Toulouse, Toulouse, France) 
Le cheval domestique: origines, expansion et évolution sous sélection

Katja POVEDA (Cornell University, Cornell, US) 
Domestication, diversité et interactions entre plantes et insectes dans un paysage en mutation

Jazmin RAMOS MADRIGAL (Globe Institute, University of Copenhagen, Danemark) 
Retracer l’histoire de la sélection du maïs au cours de sa domestication grâce aux génomes anciens

Guillaume RAMSTEIN (Aarhus University, Aarhus, Danemark) 
S’inspirer de l’évolution pour améliorer la sélection de précision chez les plantes

Jeff ROSS-IBARRA (University of California Davis, Davis, US) 
Dix mille ans d’impact humain sur la diversité du maïs

Maud TENAILLON (Génétique Quantitative et Evolution – Le Moulon, Saclay, France) 
La domestication comme un pas vers l’isolement reproductif

Yves VIGOUROUX (IRD, Univ Montpellier, Montpellier, France) 
L’héritage de la domestication : ce que nous apprend le processus de domestication en Afrique

Date limite d’inscription : 3 mai 2027

Droits d'inscription, incluant les frais de séjour (chambre et repas) 

  • 570€ pour les doctorants
  • 790€ pour les autres participants

Dépôt des candidatures pour inscription 

Le nombre de participants est limité à 115 personnes. Les scientifiques et étudiants en thèse intéressés par la conférence doivent déposer sur le site, avant la date limite :

  • - leur curriculum vitae
  • - la copie de leur carte d'étudiant
  • - la liste de leurs principales publications des trois dernières années
  • - le résumé de leur présentation 

Le résumé doit respecter le format suivant : 

  • 1ère ligne : Titre
  • 2ème ligne : Nom(s) des auteur(s)
  • 3ème ligne : Adresse(s) des auteur(s)
  • 4ème ligne : Adresse mail de l'auteur présentant les résultats

Le résumé doit faire au maximum 600 mots, pas de figures.

Après la date limite, les organisateurs sélectionneront les participants. Sauf exception admise par le président, il est souhaitable que les candidats sélectionnés présentent leurs travaux pendant la conférence, soit sous forme d'affiche, soit par une brève communication orale en séance. Les organisateurs choisiront la forme sous laquelle se feront les présentations. Les informations sur le mode et la date de paiement seront adressées en temps voulu aux participants sélectionnés.