Une protéine identifiée comme biomarqueur potentiel du Trouble de stress post-traumatique

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Une étude publiée dans la revue Molecular Psychiatry met en évidence le rôle potentiel de la protéine PAI-1 dans le Trouble de stress post-traumatique. Des concentrations sanguines élevées sont observées chez des souris présentant des troubles de mémoire traumatique ainsi que chez des soldats français déployés en zone de guerre. Cette molécule pourrait devenir un biomarqueur sanguin capable de prédire la sévérité du trouble et ouvrir la voie à de nouvelles approches thérapeutiques ciblées.

Une mémoire traumatique fortement altérée

Le Trouble de stress post-traumatique (TSPT) est une maladie psychiatrique sévère qui survient après l’exposition à des événements extrêmement violents comme des attentats, des guerres, des catastrophes naturelles, des agressions sexuelles ou certains accidents graves. Chez les personnes atteintes, la mémoire fonctionne de manière paradoxale : certains détails du traumatisme reviennent sans cesse sous forme de flashbacks, de cauchemars ou de pensées intrusives, tandis que le contexte global de l’événement (où et quand il s’est produit) devient difficile à mémoriser.

Cette dissociation entre hypermnésie et amnésie favorise ensuite des réactions de peur inadaptées dans des situations pourtant sans danger. Le TSPT s’accompagne fréquemment de dépression, d’anxiété, de troubles du sommeil, d’addictions et d’un risque accru de suicide. Malgré son impact majeur sur la santé publique, aucun biomarqueur sanguin validé ne permet aujourd’hui de prédire son apparition ou d’évaluer précisément sa sévérité.

Le PAI-1, une protéine associée aux symptômes du TSPT

Pour mieux comprendre les mécanismes neurobiologiques impliqués, les scientifiques, dans un article publié dans la revue Molecular Psychiatry, ont étudié le rôle du PAI-1, une protéine déjà connue pour intervenir dans différents processus inflammatoires et vasculaires. Chez des souris génétiquement modifiées, les animaux dépourvus de PAI-1 se sont révélés protégés contre les troubles de mémoire de type TSPT.

À l’inverse, les souris présentant une mémoire traumatique de type TSPT affichaient des concentrations élevées de PAI-1 dans le sang et dans l’hippocampe, une région cérébrale essentielle à la mémoire. Plus les taux de cette protéine augmentaient, plus les déficits cognitifs observés étaient importants.

Les résultats ont été confirmés chez l’humain grâce au suivi longitudinal de soldats français déployés en zone de guerre. Ceux développant des symptômes de TSPT présentaient des niveaux sanguins accrus de PAI-1 pendant plusieurs mois, associés à une augmentation du stress perçu, de l’anxiété, de la dépression et des pensées suicidaires.

Vers de nouvelles stratégies diagnostiques et une meilleure compréhension des mécanismes de la maladie

Ces travaux suggèrent que le PAI-1 pourrait constituer un véritable facteur de risque cérébral du TSPT. La protéine PAI-1 apparaît désormais comme une candidate sérieuse pour devenir un biomarqueur sanguin capable d’aider au diagnostic précoce et au suivi de la maladie.

Au-delà de cet intérêt diagnostique, les scientifiques estiment également que le PAI-1 pourrait représenter une future cible thérapeutique. Les traitements actuellement disponibles restent souvent insuffisants et de nombreux patients continuent de souffrir de symptômes persistants malgré les prises en charge existantes.

Dans un contexte mondial marqué par les conflits armés, les attentats et les crises sanitaires, cette découverte ouvre de nouvelles perspectives pour mieux comprendre les conséquences cérébrales du traumatisme psychique et développer des approches thérapeutiques plus efficaces.

© Jean-Michel Revest

Figure : Augmentation des taux sanguins de PAI-1 en fonction du temps chez des soldats de sexe masculin présentant des symptômes de TSPT (PTSD-S). (A) Représentation graphique de la cohorte de soldats français déployés en Afghanistan (n = 80). Les échantillons sanguins ont été prélevés un mois avant et six mois après leur retour d’une mission de six mois en zone de guerre. L’évaluation psychologique de leur état traumatique a été réalisée à l’aide de divers questionnaires. (B) Régression linéaire des taux de PAI-1, incluant les valeurs individuelles, dans le sérum avant et après la mission à l'aide d'un test ELISA, ***p < 0.001 pour l'effet de régression linéaire. (C) Taux de PAI-1 après – avant (∆PAI-1) chez les sujets témoins présentant de faibles symptômes de TSPT (CTL, n = 67) et chez les sujets présentant des symptômes élevés de TSPT (PTSD-S, n = 13). Les valeurs représentées, y compris les valeurs individuelles, correspondent à la moyenne ± l'écart-type. Test de Student non apparié, **p < 0.01 pour les effets de groupe. (D) Proportion de soldats en pourcentage (%) présentant des niveaux de ∆PAI-1 en augmentation (rouge) ou en diminution (vert) dans chaque groupe. PTSD : Post-Traumatic Stress Disorder.

En savoir plus : Mennesson M, Abdelkaoui S, Roullot-Lacarrière V, Tronel S, Cathala A, Lalanne V, Raux PL, Makrini L, Valjent E, Duffaud AM, Claverie D, Vallée M, Desmedt A, Trousselard M, Revest JM. Stress-induced plasminogen activator inhibitor-1 (PAI-1) as a blood biomarker and brain risk factor for PTSD. Mol Psychiatry. 2026 Mar 30. doi: 10.1038/s41380-026-03564-w. Epub ahead of print. PMID: 41912791.

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Jean-Michel Revest
Chercheur CNRS

Laboratoire

Neurocentre Magendie (Unité Inserm)
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