Un nouvel élan pour l’imagerie biologique à Bordeaux
La Région Nouvelle-Aquitaine et l’Union européenne, à travers le Fonds Européen de Développement Régional (FEDER), soutiennent deux projets structurants portés par l’Institut Interdisciplinaire de Neurosciences (IINS) et le Bordeaux Imaging Center (BIC). Avec près de 3 millions d’euros de financement FEDER, venant s’ajouter aux investissements déjà obtenus dans le cadre de France 2030 et du Contrat de Plan État-Région (CPER), ce sont près de 5 millions d’euros qui seront investis dans les infrastructures d’imagerie de la communauté scientifique bordelaise. Un effort exceptionnel qui permettra de renforcer encore l’un des pôles européens les plus performants dans le domaine de l’imagerie du vivant.
Bordeaux est aujourd’hui reconnu internationalement pour son expertise en imagerie biologique avancée. Les équipes de l’Institut interdisciplinaire de neurosciences1 et du Bordeaux imaging center2 , figurent parmi les acteurs majeurs du développement et de l’utilisation des technologies d’imagerie de pointe pour l’étude du vivant. Le BIC est également membre fondateur de France BioImaging et d’Euro-BioImaging, les infrastructures nationales et européennes de référence en imagerie biologique, qui fédèrent et coordonnent les principales plateformes du domaine.
Cette dynamique vient d’être renforcée par la sélection de deux projets majeurs dans le cadre du programme FEDER Nouvelle-Aquitaine3 : MINFLUX et IMPACT. Le portage administratif de ces projets est assuré par le CNRS.
Le projet MINFLUX porté par IINS permettra l’acquisition du premier microscope MINFLUX installé en France et en Europe du sud-ouest. Le système MINFLUX représente une rupture technologique majeure en imagerie photonique et sera installé au BIC. Développée à partir des travaux de Stefan Hell, prix Nobel de chimie 2014, cette technologie révolutionnaire atteint une précision de localisation de 1 à 2 nanomètres et permet le suivi de protéines individuelles à plus de 1 000 localisations par seconde, établissant un pont entre la microscopie optique et la biologie structurale. Pour la première fois, elle permet l'observation directe de protéines individuelles, de leurs changements conformationnels, de leurs interactions dynamiques et de leur architecture moléculaire avec des capacités qui demeurent à l'heure actuelle inaccessibles à toute autre approche optique. Grâce à cet équipement unique, Bordeaux, avec le soutien de la Région Nouvelle-Aquitaine, deviendra un centre de référence pour cette technologie à l'échelle nationale et européenne.
Le projet IMPACT dotera quant à lui le BIC d’une nouvelle génération d’outils d’imagerie multiphotonique permettant d’observer les interactions moléculaires au sein de tissus vivants épais avec une précision et une profondeur d’analyse inédites. Cette infrastructure ouvrira de nouvelles perspectives dans des domaines aussi variés que les neurosciences, la biologie cellulaire, la microbiologie, la biologie végétale, la cancérologie ou encore les biotechnologies de santé.
Ces investissements comprennent également le déploiement de nouvelles infrastructures informatiques de stockage et de calcul haute performance, indispensables au traitement, à l’analyse et à la valorisation des volumes massifs de données générés par ces technologies d’imagerie de nouvelle génération.
Ces nouveaux équipements viennent compléter les investissements déjà engagés dans le cadre de France 2030, du Contrat de Plan État-Région et de plusieurs grands programmes nationaux et européens. Au total, près de 5 millions d’euros seront consacrés au renforcement des capacités d’imagerie optique et électronique de la communauté bordelaise.
Au-delà de leur impact scientifique, ces investissements auront des retombées majeures pour l’ensemble de l’écosystème régional. Ils permettront d’accroître l’attractivité de la Nouvelle-Aquitaine pour les chercheurs, les étudiants et les entreprises innovantes, de renforcer les collaborations avec les acteurs industriels et de développer de nouvelles formations aux technologies les plus avancées.
L’ambition est claire : offrir à la communauté académique et industrielle un environnement technologique parmi les plus performants d’Europe, capable d’observer les phénomènes biologiques à toutes les échelles, depuis l’organisme vivant jusqu’à la molécule individuelle.
Grâce à ces investissements, Bordeaux consolide sa position parmi les grands centres internationaux d’imagerie du vivant et se donne les moyens d’accélérer les découvertes scientifiques et les innovations de demain.
A. Suivi MINFLUX à 1 kHz d'une protéine individuelle dans une cellule vivante. Les intégrines, protéines d’adhésion, s'immobilisent transitoirement au sein des structures adhésives cellulaires (en gris, contour pointillé) et diffusent rapidement en dehors. Collaboration groupe G. Giannone (IINS), groupe D. Müller group (ETHzürich) et J. Casares Arias (ETHzürich Single Cell Facility). B. Observation des protéines cytosquelettiques βII- et βIII-spectrines par microscopie MINFLUX en modalité 3D bicolore. À gauche et en haut à droite : schémas de l’organisation moléculaire des βII- et βIII-spectrines au sein du réseau cytosquelettique périodique des dendrites, représentée respectivement dans les plans xyz et xz. Au centre et en bas à droite : exemples d’images obtenues avec le microscope dans les différents plans. Collaboration A. Brachet, Marie-Lise Jobin (IINS), Isabelle Jansen et Evelyn Garlick (Abberior).
Contacts
Bordeaux Imaging Center (BIC)
Daniel Choquet, directeur du BIC et coordinateur du projet IMPACT
Christel Poujol, responsable du pôle photonique du BIC et co-coordinatrice du projet IMPACT
Institut Interdisciplinaire de Neurosciences (IINS)
Grégory Giannone, responsable d’équipe à l’IINS et coordinateur du projet MINFLUX
Anna Brachet et Olivier Rossier, Chercheurs à l’IINS et co-coordinateurs du projet MINFLUX