Remise de prix de l’Académie des sciences : 6 biologistes affiliés au CNRS élus
Le 27 octobre dernier, l’Académie des sciences a réuni la communauté scientifique pour sa première séance annuelle de remise des prix. Mettant à l’honneur une soixantaine de scientifiques à travers des domaines variés tel que les mathématiques, la physique, l’informatique ou la biologie. Le CNRS compte 6 biologistes parmi ces lauréats.
De la biologie à l’espace, de l’intelligence artificielle à la chimie, de la médiation scientifique aux mathématiques, les prix remis cette année illustrent la diversité des recherches soutenues par l’Académie des sciences. Ils témoignent également de la diversité des formes que peut prendre l’excellence scientifique : une découverte individuelle, un travail collectif, une collaboration internationale, une nouvelle méthode, une contribution à la transmission des savoirs ou encore une recherche ouvrant la voie à de nouvelles applications.
En distinguant chaque année celles et ceux qui font progresser les connaissances, l’Académie des sciences contribue ainsi à faire connaître la recherche, à encourager les nouvelles générations et à rappeler la place essentielle de la coopération dans la construction des savoirs
Biologie moléculaire et cellulaire, génomique
- Allison Bardin – Médaille de section
Directrice de recherche au CNRS, Institut Curie, laboratoire Génétique et biologie du développement (UGBD). Allison Bardin et son équipe « Cellules souches et homéostasie tissulaire » étudient les mécanismes qui contrôlent le devenir des cellules souches et le maintien de l’homéostasie tissulaire. Grâce à la drosophile, à la génétique, à la génomique et à la biologie cellulaire, ils cherchent à comprendre comment les cellules souches coordonnent prolifération, différenciation et intégrité du génome afin d’assurer le développement et le renouvellement des tissus.
Mathématique/Biologie
- Sylvain Raffaele – Prix de Mme Victor Noury (née Catherine Victoire Langlois)
Directeur de recherche à l’Inrae, Laboratoire des interactions plantes – microbes – environnement (LIPME). Avec son équipe, Sylvain Raffaele étudie les mécanismes moléculaires à l’origine de l’émergence des maladies des plantes. Ses travaux combinent l’étude des génomes des plantes et de leurs agents pathogènes, la biologie moléculaire et cellulaire, et la modélisation des processus infectieux. Ces recherches visent à développer de nouvelles connaissances sur l'évolution moléculaire des organismes et s'inscrivent dans la transition vers une gestion durable des maladies des cultures.
Biologie humaine
- David Bikard – Prix Richard Lounsbery 2026
Directeur de recherche à l’Institut Pasteur, directeur de l’unité Biologie de synthèse, laboratoire Génétique des génomes. Microbiologiste, David Bikard étudie les interactions entre les bactéries et les bactériophages, des virus capables d’infecter et de détruire les bactéries. Il s’intéresse notamment aux mécanismes de défense que les bactéries ont développés pour leur résister, parmi lesquels les systèmes moléculaires CRISPR-Cas. Il utilise ces systèmes comme outils d’ingénierie génétique pour explorer le fonctionnement des bactéries du microbiote et développer de nouvelles stratégies thérapeutiques ciblées.
- David L’Hôte – Prix Max-Fernand Jayle
Maître de conférences à l’université Paris Cité, laboratoire de Biologie fonctionnelle et adaptative (BFA). David L’Hôte étudie les mécanismes qui régulent la fertilité, en s’intéressant plus particulièrement au fonctionnement des cellules de l’hypophyse impliquées dans le contrôle de l’ovulation. Grâce aux approches de génomique à l’échelle de la cellule unique, ses travaux permettent de mieux comprendre comment ces cellules s’adaptent au cours du cycle féminin. Ses recherches ouvrent ainsi de nouvelles perspectives pour mieux comprendre les mécanismes à l’origine de certains troubles de la fertilité, notamment dans le cas du syndrome des ovaires polykystiques
- Chris Moulin – Prix franco-polonais « Marie Sklodowska Curie et Pierre Curie »
Professeur à l'Université Grenoble Alpes, Laboratoire de psychologie et neurocognition (LPNC), membre de l’Institut universitaire de France. Chris Moulin étudie les expériences subjectives, comme le « déjà-vu » ou le « mot sur le bout de la langue ». Il cherche à comprendre comment ces phénomènes apparaissent et ce qu’ils révèlent de la cognition humaine. Ses travaux associent expériences en laboratoire et applications auprès des populations cliniques. Il a reçu un Ig Nobel en 2023 pour ses travaux sur le jamais-vu.
- Martine Simonelig – Prix Jaffé, Fondation de l’Institut de France
Directrice de recherche émérite au CNRS, Institut de génétique humaine (IGH). Martine Simonelig dirige le département Génétique, biologie cellulaire et développement de l’IGH, à Montpellier. Elle étudie les mécanismes de régulation de l'ARN messager et leur implication dans les processus développementaux et pathologiques. Son équipe de recherche « mRNA Regulation and Development » a montré l’importance de petits ARN non-codants dans la régulation d’ARN messagers pour la biologie des cellules souches et au cours de l’embryogenèse précoce. Ses travaux sur les granules à ARN révélant leur compartimentation fonctionnelle ouvrent la voie à l’utilisation de ces granules pour améliorer les approches thérapeutiques basées sur l’ARN.