Hommage à Constantino Sotelo

Institutionnel Neuroscience, cognition

Le CNRS rend hommage à Constantino Sotelo, figure majeure de l'étude du cerveau, décédé le 31 août 2026. 

Directeur de recherche de classe exceptionnelle, il a consacré sa carrière au CNRS à l’étude du cervelet, contribuant à faire progresser la compréhension de son organisation et de son fonctionnement. Ses travaux ont marqué à la fois les neurosciences françaises et espagnoles.

Formé en Espagne auprès de Fernando de Castro, élève de Santiago Ramón y Cajal, Constantino Sotelo rejoint la France en 1961. Il s’initie à la microscopie électronique avec René Couteaux et Jacques Taxi, avant de poursuivre sa formation à Harvard de 1965 à 1967 auprès de Sandford L. Palay. Recruté au CNRS en 1964, il mène ensuite ses recherches à Port-Royal puis à la Salpêtrière. 

Ses travaux portent notamment sur l’organisation fine des cellules de Purkinje, leur migration et leur rôle dans les circuits cérébelleux. Il étudie également les connexions entre les neurones du cervelet et met en évidence des synapses mixtes dans le noyau vestibulaire.

À la tête de l'unité Neuromorphologie : développement, évolution (Inserm U106), il s’intéresse également aux déterminants génétiques de l'architecture cérébelleuse. Premier à appliquer la microscopie électronique à l'anatomie fine du cerveau en France, il démontre ainsi le rôle clé du cervelet dans la coordination motrice, mais aussi dans certaines fonctions cognitives . Enfin, il fut un pionnier dans le domaine de la transplantation de neurones embryonnaires pour réparer le cerveau.

Au fil de sa carrière, Constantino Sotelo a également contribué à former plusieurs générations de chercheuses et de chercheurs en neurobiologie, transmettant sa passion pour la neuroanatomie et son approche rigoureuse, alliant microscopie, physiologie et génétique. 

Ses travaux ont été distingués par plusieurs prix, dont le Grand Prix Joannidès de l’Académie des sciences en 1985 et le Prix IPSEN de plasticité neuronale en 1993. Il a également poursuivi ses liens avec la communauté scientifique espagnole, notamment à l’Institut des neurosciences UMH-CSIC, où il a été le premier lauréat de la Chaire Remedios Caro Almela de 2000 à 2012.

Le CNRS adresse ses pensées les plus sincères à sa famille, ses proches, ses collègues et ses anciens élèves.