GlycoMIRAI : au Japon, un laboratoire franco-japonais pour décrypter les sucres du vivant

Institutionnel Biochimie-biologie structurale

À Nagoya, le CNRS et l’université de Nagoya inaugurent GlycoMIRAI, un laboratoire international dédié aux glycosciences. Un champ encore méconnu du grand public, mais essentiel pour comprendre l’immunité, les infections et certaines maladies complexes.

Une inauguration en présence des principales autorités scientifiques et diplomatiques

Le 14 avril 2026, l’université de Nagoya a officiellement inauguré l’IRL GlycoMIRAI, un laboratoire international porté par le CNRS et ses partenaires japonais. La cérémonie s’est tenue en présence de plusieurs personnalités scientifiques et institutionnelles, dont l’ambassadrice de France au Japon, Béatrice Le Fraper du Hellen, ainsi que les présidents des universités partenaires, Naoshi Sugiyama (université de Nagoya) et Kazuhiro Yoshida (université de Gifu).
Côté français, la délégation réunissait notamment André Le Bivic, directeur de CNRS Biologie, et Xavier Gromaitre, délégué scientifique du pôle Europe et International de CNRS Biologie. L’accord de création du laboratoire avait, quant à lui, été signé quelques jours plus tôt, le 31 mars à Tokyo, par le président-directeur général du CNRS, Antoine Petit. Le laboratoire est placé sous la direction de Yann Guérardel, avec Chihiro Sato en directrice adjointe.
Cette inauguration marque une nouvelle étape dans une coopération franco-japonaise déjà ancienne dans les sciences du vivant.

Les glycosciences, un champ discret devenu stratégique

Derrière GlycoMIRAI se trouve un domaine scientifique encore peu connu du grand public : les glycosciences, qui étudient les sucres complexes (glycanes) présents à la surface des cellules.
Ces structures jouent un rôle essentiel dans de nombreux processus biologiques : reconnaissance cellulaire, réponse immunitaire, infections virales ou bactériennes, mais aussi développement de pathologies comme le cancer ou certaines maladies neurodégénératives.
Longtemps resté en marge de la biologie moléculaire, ce champ s’impose aujourd’hui comme un levier central pour comprendre les interactions fondamentales du vivant.

Un laboratoire adossé à un pôle mondial de recherche

GlycoMIRAI s’inscrit dans un environnement scientifique particulièrement structuré, celui de l’iGCORE (Institute for Glyco-core Research), un institut de référence mondiale basé entre les universités de Nagoya et de Gifu.
Cet écosystème, soutenu par des investissements importants du gouvernement japonais, regroupe des plateformes de pointe en chimie des sucres, biologie structurale et analyse fonctionnelle des glycanes, mobilisant des scientifiques, chercheuses et chercheurs internationaux.
Pour le CNRS, ce nouveau laboratoire permet de consolider au Japon la présence du CNRS dans les sciences du vivant et d’accéder à des infrastructures de tout premier plan.

Une coopération scientifique au long cours entre la France et le Japon

Au-delà de l’inauguration, GlycoMIRAI s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération scientifique bilatérale, où les laboratoires internationaux deviennent des outils structurants de la recherche.
Dans un contexte où les grandes questions biologiques nécessitent des moyens expérimentaux lourds et des expertises complémentaires, ces dispositifs permettent d’organiser une recherche partagée entre équipes françaises et japonaises, associant scientifiques, chercheuses et chercheurs.
Avec GlycoMIRAI, le CNRS confirme ainsi sa stratégie d’ancrage dans des réseaux scientifiques internationaux de long terme, au croisement de la biologie fondamentale et des enjeux biomédicaux.