Du pacifique aux cellules tumorales : CNRS Biologie au cœur des grands réseaux scientifiques internationaux

Institutionnel Développement, évolution Physiologie et cancer

À la fin de l’année 2025, une délégation de CNRS Biologie, conduite par André Le Bivic, directeur de l’Institut et Yvan De Launoit, directeur adjoint scientifique en charge du portefeuille physiologie, vieillissement et tumorigénèse, s’est rendue en Australie pour participer à deux rendez-vous scientifiques majeurs. De Brisbane à Melbourne, ce déplacement a illustré la cohérence des recherches portées par l’Institut, depuis l’étude des écosystèmes marins du Pacifique occidental jusqu’aux mécanismes de plasticité cellulaire impliqués dans le cancer.

Les stations marines du Pacifique occidental comme observatoires du changement global

Première étape : Brisbane, où s’est tenu du 26 au 28 novembre 2025 le 3ᵉ symposium du West Pacific Marine Biology Network (WPMBN), organisé par CNRS Biologie et l’Université du Queensland. Cette édition était principalement axée sur les stations marines du Pacifique occidental, considérées comme des observatoires de première ligne face aux bouleversements environnementaux qui affectent la région la plus biodiversifiée du globe.

Ces stations, réparties entre récifs coralliens tropicaux, lagons et zones tempérées, ont servi de fil conducteur aux échanges scientifiques. Les discussions ont notamment porté sur la dégradation des récifs et le blanchissement de la Grande Barrière de corail, phénomène emblématique des effets du réchauffement climatique. À travers des approches évolutives et intégratives, les scientifiques ont interrogé la capacité des organismes marins à faire face au stress thermique, à se réorganiser et, dans certains cas, à s’adapter.

Les interventions de scientifiques de laboratoires européens, et en particulier français1 , ont enrichi ces échanges en apportant des éclairages complémentaires. Les travaux présentés ont montré comment l’analyse de l’évolution des tissus, de la plasticité du développement ou encore de l’organisation des génomes marins permet de mieux comprendre les réponses biologiques aux perturbations environnementales. À l’interface entre biologie marine et santé, certaines recherches ont également mis en évidence le potentiel des composés naturels marins, dont l’étude éclaire à la fois les interactions écologiques et de nouvelles pistes thérapeutiques, notamment en oncologie. 

© Yvan De Launoit

 

Du vivant marin à la santé humaine : une même question de plasticité

Cette réflexion sur les capacités d’adaptation du vivant a trouvé un prolongement naturel à Melbourne, où la délégation de CNRS Biologie a participé, les 1er et 2 décembre, au Cancer Cell Plasticity and Precision Oncology Symposium. Cet événement a réuni des spécialistes internationaux autour d’un enjeu central : comprendre comment la plasticité cellulaire contribue à la progression tumorale, à la résistance aux traitements et, inversement, comment elle peut être exploitée pour développer des stratégies thérapeutiques plus ciblées.Ce symposium a notamment marqué le lancement scientifique de l’International research laboratory (IRL) PHANTOM (Plasticité, hétérogénéité et microenvironnement tumoral), récemment créé par le CNRS et l’Université de Melbourne, dédié à l’étude des cancers métastatiques.

Les échanges ont été nourris par une forte participation de scientifiques français2 dont les travaux s’inscrivent pleinement dans ces thématiques. Les discussions ont porté sur la reprogrammation cellulaire, le rôle des cellules souches tumorales, les mécanismes de résistance aux thérapies et l’influence du microenvironnement tumoral. Plusieurs interventions ont mis en lumière des approches innovantes, allant de l’identification de vulnérabilités moléculaires à l’utilisation de signatures cellulaires pour guider des traitements de précision.

© Consulat général de France à Melbourne

De gauche à droite : Frederic HOLLANDE (Professeur à l'Université de Melbourne, Directeur  de l'IRL Phantom) ; André Le BIVIC (Directeur deCNRS Biologie) ; Paule IGNATIO (Consule générale de France à Melbourne), Pascal MARTY (Directeur régional du Bureau CNRS Océanie), Armelle PINEAU (Chargée de communication scientifique au Bureau CNRS Océanie), Yvan De LAUNOIT (Directeur adjoint scientifique CNRS Biologie).

Une vision intégrée du vivant portée par CNRS Biologie

En faisant dialoguer l’étude des écosystèmes marins du Pacifique occidental et les recherches les plus avancées sur la plasticité cellulaire en cancérologie, ce déplacement illustre la capacité de CNRS Biologie à penser le vivant dans toute sa complexité et à toutes les échelles. La participation à ces deux rendez-vous scientifiques majeurs, dont le lancement scientifique de l’IRL PHANTOM à Melbourne, a également contribué à renforcer et à élargir les réseaux internationaux de CNRS Biologie autour de ces enjeux fondamentaux, en favorisant des échanges structurants et des collaborations durables. Cette dynamique s’inscrit dans la volonté de l’Institut de soutenir des recherches à fort impact, capables de nourrir à la fois la compréhension fondamentale du vivant et le développement de nouvelles approches thérapeutiques en santé humaine.

  • 1Biologie intégrative des organismes marins (CNRS / Sorbonne Université) - IRL EARLY – Evolutionary and Adaptive Responses of Life (CNRS / Collège doctoral de science et technologie d'Okinawa) - PEPR AtlaSea, (CNRS / CEA) - Intégrité du génome, ARN et cancer (CNRS / Institut Curie / Inserm) - Laboratoire de biologie du développement de Villefranche-sur-Mer (CNRS / Sorbonne Université)
  • 2Centre de recherche en cancérologie de Lyon (CNRS / Inserm / Université Claude Bernard Lyon 1 / Centre Léon Bérard) - Centre de recherche en cancérologie de Marseille (Inserm / CNRS / Aix-Marseille Université / Institut Paoli-Calmettes) - Centre de recherche en cancérologie et immunologie intégrée Nantes–Angers (CNRS / Inserm / Nantes Université / Université d’Angers)