En Californie, la biologie marine française explore de nouveaux horizons de coopération scientifique
Comment mieux comprendre les océans de demain ? Face à l’accélération du changement climatique, à l’érosion de la biodiversité marine et à la nécessité de développer de nouveaux outils d’observation du vivant, la réponse passe plus que jamais par des collaborations internationales ambitieuses.
C’est dans cette perspective qu’une délégation de CNRS Biologie, conduite par son directeur André Le Bivic, et composée du délégué scientifique Xavier Grosmaitre ainsi que de Jan Matas, directeur du bureau de représentation du CNRS à Washington (DC), s’est rendue en Californie du 14 au 20 juin 2026.
Cette mission s’inscrit dans la stratégie de développement de la biologie marine portée par l’Institut et visait à renforcer les liens avec plusieurs institutions américaines de premier plan, reconnues mondialement pour leur excellence dans les sciences marines.
À San Diego, au cœur de l’innovation océanographique
Première étape du déplacement : la Scripps Institution of Oceanography (SIO), l’un des centres de recherche océanographique les plus prestigieux au monde. Accueillie par sa directrice, Meenakshi Wadhwa, et par Stuart Sandin, directeur du Center for Marine Biodiversity and Conservation, la délégation a pu mesurer l’étendue des expertises développées sur le campus.
Au fil des rencontres avec les équipes de recherche, les échanges ont porté sur des thématiques au cœur des priorités scientifiques actuelles : biologie des organismes marins, biodiversité des écosystèmes océaniques, acoustique marine, ou encore observation à long terme du milieu marin. Ces discussions ont permis d’identifier plusieurs convergences avec les travaux menés dans les laboratoires du CNRS.
La visite a également mis en lumière l’importance croissante des innovations technologiques dans l’étude du vivant marin. Les scientifiques de Scripps ont présenté leurs infrastructures dédiées aux drones sous-marins, devenus des outils incontournables pour collecter des données environnementales sur de longues périodes et dans des zones difficiles d’accès. La délégation a également découvert les dispositifs de suivi en continu de la qualité du plancton ainsi que les nouvelles installations d’élevage d’organismes marins en conditions contrôlées, conçues pour reproduire les environnements océaniques de demain et mieux comprendre les capacités d’adaptation du vivant.
De gauche à droite : André Le Bivic, directeur de CNRS Biologie ; Jeff Bowman, associate professor en pcéanographie biologique © Xavier Grosmaitre
Au-delà des équipements, la visite des collections biologiques de Scripps a rappelé l’importance du patrimoine scientifique dans la recherche contemporaine. Ces archives du vivant constituent des ressources précieuses pour retracer l’évolution des espèces et documenter les transformations des écosystèmes marins à l’échelle des décennies.
Point d’orgue du séjour, André Le Bivic a présenté les activités et les grandes orientations de CNRS Biologie devant une trentaine de chercheurs et chercheuses et d’étudiantes et d’étudiants, ouvrant la voie à de futures collaborations scientifiques entre les deux institutions.
La mission s’est poursuivie à l’Université de Californie à San Diego (UC San Diego), où des échanges avec la Doyenne ainsi que plusieurs membres de la School of Biological Sciences ont permis d’explorer de nouvelles perspectives de coopération, notamment autour de la biologie du développement, de l’écologie et des approches intégratives du vivant.
À Monterey, construire une communauté scientifique du Pacifique
La seconde partie de la mission a conduit la délégation à la Hopkins Marine Station de l’Université Stanford, située à Monterey, sur l’une des côtes les plus spectaculaire de la région présentant un écosystème océanique remarquable permettant des recherches en sciences marines d’excellence.
Les discussions y ont pris une dimension particulièrement prospective. Les équipes ont en effet travaillé à la préparation d’un projet de symposium international de biologie marine qui pourrait se tenir en 2027. L’ambition est de réunir des scientifiques de CNRS Biologie avec des scientifiques des côtes pacifiques du Canada, des États-Unis et du Chili afin de créer un espace d’échange autour des grands défis de la recherche marine contemporaine.
Au-delà du partage des connaissances, cette initiative vise à favoriser l’émergence de projets collaboratifs structurants, à développer des réseaux de recherche durables et à renforcer les synergies entre des communautés scientifiques confrontées à des problématiques environnementales souvent communes.
Une stratégie internationale au service de la recherche marine
Cette mission confirme l’importance croissante des partenariats internationaux dans le développement de la biologie marine. Face à des océans en profonde mutation, les défis scientifiques dépassent largement les frontières nationales et nécessitent la mobilisation conjointe des expertises, des infrastructures et des données.
Les échanges menés en Californie ont permis de consolider les relations entre CNRS Biologie, la Scripps Institution of Oceanography, l’UC San Diego et la Hopkins Marine Station de Stanford, tout en identifiant des opportunités concrètes de collaboration dans plusieurs domaines clés de la recherche marine.
Ils se sont également inscrits dans un cadre diplomatique plus large, avec le soutien de l’Ambassade de France aux États-Unis, en lien avec les consulats généraux de France à Los Angeles et à San Francisco, qui accompagnent le développement et le suivi de ces coopérations scientifiques.
Ils ont également souligné une conviction partagée par l’ensemble des partenaires : l’avenir de la compréhension du vivant marin reposera sur des réseaux scientifiques ouverts, interdisciplinaires et internationaux. Le projet de symposium de 2027 pourrait constituer une étape importante dans cette dynamique, en fédérant autour du Pacifique une communauté de chercheurs engagés dans l’étude et la préservation des océans.