Sophie Bagur
La recherche de Sophie Bagur porte sur les neurosciences intégratives : comment l’encodage de l’information dans les circuits cérébraux aboutit au comportement. Elle se focalise en particulier sur la façon dont le cerveau orchestre le dialogue avec notre corps à travers l’activité cardio-vasulaire et respiratoire. Après une thèse à l’ESPCI dans l’équipe de Karim Benchenane où elle étudie le rôle de la respiration dans l’organisation des circuits liés à la peur (2015-2019), elle rejoint l’équipe de Brice Bathellier pour un post-doc à l’Institut de l’audition où elle étudie comment l’évolution de l’encodage des sons dans le système auditif aboutit à des représentations adaptées à l’apprentissage (2020-2023). Recrutée au CNRS en tant que Chargée de recherche en 2023, elle co-dirige désormais l’équipe eMOBBS (emotional Memory, Oscillations and Brain-Body States) au laboratoire Plasticité du cerveau à l’ESPCI où elle mène ses travaux actuels sur l’intéroception (la perception de notre corps interne), notamment grâce à un financement ANR JCJC et un un financement jeune chercheur de l’Université Paris Science et Lettres .
Interactions corps-cerveau dans la régulation de la prise de risque et de l'anxiété – VIBRA
Lorsque nous prenons une décision risquée, notre choix dépend de notre état interne : la tristesse rend la perte insupportable, l'excitation rend la récompense irrésistible. Ces états influencent également notre corps (rythme cardiaque, respiration) et à leur tour ces variables physiologiques modifient l’activité de nombreuses régions du cerveau, sans que le rôle de cet encodage soit connu. Une hypothèse, que le projet ERC « VIBRA » porté par Sophie Bagur, vise à tester est qu’elles serviraient à relayer notre état interne au cerveau pour y adapter nos décisions.
Grâce à de nouvelles technologies chez la souris, l’impact de l'activité cardiaque et respiratoire sur le cerveau et sur les choix risqués sera évalué. Les neurones qui perçoivent et contrôlent le corps seront identifiés, et leurs interactions avec les circuits décisionnels seront modélisées. Afin de déterminer si la perception du corps est dérégulée en cas d'anxiété, l’équipe reproduira chez la souris les perturbations des aires cérébrales observée chez les patients anxieux pour étudier leur rôle dans l’interaction entre corps et risque. Le projet VIBRA établira ainsi un modèle neuronal et comportemental de la manière dont notre corps façonne nos décisions.